Poèmes d'Emmanuel Hiriart
autour de tableaux de Silvaine Arabo

Marée basse du souffle :
Déjà l'appel s'insinue, 
Rêve la chair où s'inscrire, 
Déchire la toile de la nuit. 
Irruption du jour : 
Le sang bat à rompre,
Vagit.
Bouche sèche, 
Confusément amère.
Feuille d'ombre : 
Le sang
S'ouvre comme un arbre ;
Vers quelle lumière ? 
La mémoire
Invente ses fossiles,
Les jette ;
Pour quelle lumière ?
Un pas s'éveille et soudain
S'interrompt.
Eve : 
Laisse-moi te nommer encore,
Première-née.
Seule encore,
Dans l'hésitation de l'aube,
Tu partais ; Eve,
Première reine aventurée.
Dans le jardin,
Face à toi, 
Le premier visage.
Tu souris.
Couleur : 
Cheminement de la parole ;
L'invention du matin 
Menace la musique,
L'éblouit ; la prairie rencontrée
Au détour de l'été
Tremble du chant des grillons.
Moins qu'un souvenir :
Un ange passe,
Cligne de l'oeil.
La note de sang,
Mot à mot tendue
Harpe sans corde,
Entremonde ;
Ecoute
La note absente
Où s'invente ta voix,
Remémorée
-Et l'oiseau 
Ne revenait plus-
Sur la face irisée de l'eau.
im Ted Hughes

Corbeau
Joua sa langue noire
Avec l'homme,
Tricha, 
La perdit
Avec tous ses petits renards
Aux dents de feu.
Corbeau cria comme un arbre
Tout l'hiver.

Qui
Multiple
Es-tu
Au regard de l'unique
Lumière ? 
Mêlé de langue et de couleur,
Désirant,
Sur la rive sauvage
De l'ultime lumière ;
Poète, où te mènent les mots :
Mensonge ou mystère ?
Le regard appareille, 
Valse à trois temps,
Or incertain du nombre. 
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